Principes fondamentaux
Le but du jeu consiste à empiler le plus possible de galets les uns sur les autres.
Audace et flexibilité sont les deux principes fondamentaux de la Boulasse et en font un jeu unique sans équivalent de par le monde. Tout à fait en accord avec l’esprit Gascon, et notamment celui de son plus célèbre représentant Cyrano de Bergerac, le fait de réussir est beaucoup moins important que le fait de faire preuve d’audace en tentant une Boulasse impossible. On applaudira avec chaleur un Boulassier qui tente l’impossible et cependant échoue, on huera sans réserve le petit joueur qui assure sa position sans risque même s’il est en droit de le faire.
L’audace étant la première règle, on restera flexible avec toutes les autres pourvu que cette flexibilité serve la première règle.
Le jeu en équipe
Objectif : Dans la Boulasse par équipe on joue pour gagner sans que ce but soit en contradiction avec les principes fondamentaux de la Boulasse. Un vrai joueur de Boulasse tentera de faire gagner son équipe en respectant toujours la règle numéro un : « Audace ».
On forme deux équipes de nombre identique de joueurs. Avec un maximum de cinq par équipe.
Distribution : La distribution des Boulassous obéit aux mêmes règles que dans la Boulasse en groupe à la différence que l’on doit alterner la prise de Boulasse entre opposés des deux équipes. On nomme opposés deux joueurs de chaque équipe qui occupent une position diamétralement opposée autour du Boulasson. C’est une distribution en Z.
Chaque joueur reçoit deux trois ou quatre Boulassous (selon le nombre disponible). Les Boulassous restant sont mis de côté.
Jeu : Quand on joue par équipe de deux ou trois joueurs, c’est toujours le dernier de l’équipe qui a commencé à choisir qui joue en premier.
Dans les équipes de quatre et cinq c’est le troisième de l’équipe qui a commencé à choisir qui joue le premier.
Ensuite on joue chacun son tour dans le sens des aiguilles d’une montre.
Comme dans la Boulasse en groupe, on ne peut appuyer qu’au premier tour.
La partie se gagne en deux manches d’écart. Si tous les Boulassous sont montés et qu’il n’en reste plus, la manche est dite « sèche » il n’ y a pas de gagnants.
Une variante dite « Le gambit d’Erwan » permet de continuer le jeu lorsque la Boulasse est sèche en retirant un par un et chacun son tour tous les Boulassous jusqu’au dernier.
Le jeu en goupe
Peut se jouer de deux à vingt joueurs. Le nombre de joueurs dépendant du nombre de Boulassous disponibles et de la taille du Boulasson. Le nombre moyen est le plus souvent de six à huit joueurs. On définit avant de commencer la partie un nombre égal de Boulassous par personne. En conséquence on écarte du jeu tous les Boulassous supplémentaires.
Distribution :
La distribution se déroule dans le sens des aiguilles d’une montre. On ne peut prendre qu’un Boulassou à chaque fois dans les tours de distribution.
Le premier à prendre est désigné selon une règle inventée à chaque début de Boulasse. Une fois ce joueur désigné, il prend le premier Boulassou de son choix et ainsi de suite, joueur par joueur dans le sens des aiguilles d’une montre.
Toute la subtilité de ce début de jeu consiste à choisir les Boulassous qui permettent à la fois de monter la boulasse mais aussi de la pourrir si besoin.
Jeu
Le jeu consiste à poser tous ses Boulassous.
Dans la Boulasse en groupe, le premier à jouer est le dernier à avoir choisi son Boulassou.
A la première passe, il « ouvre » la Boulasse en posant le Boulassou de son choix sur le Boulasson. Il annonce alors « Boulasse ouverte ! » Ensuite chaque joueur peut soit, « monter » (ajouter un Boulassou en équilibre sur le précédent), soit « appuyer ».
Lorsqu’on « monte » il est strictement interdit de modifier la position des Boulassous déjà posés.
A la deuxième passe et aux suivantes il est interdit « d’appuyer ».
Si au cours d’une pose, un ou plusieurs Boulassous tombent (se retrouvent sur le Boulasson) celui qui vient de poser les ramasse, y compris celui qu’il tentait de placer sauf si ce dernier était en équilibre et l’est resté après la chute des autres Boulassous..
Rien n’interdit de « céder le Boulassou », à la demande de celui qui le désire, pour lui permettre de continuer à jouer s’il a tout posé.
Si tous les Boulassous ont été posé et qu’il n’en reste plus on dit que la Boulasse est « sèche ». La partie est finie et on en recommence une autre.
Dans la Boulasse en groupe il n’y a pas à proprement parlé de gagnant. Ce sont tous les Boulassiers qui gagnent lorsqu’il réussissent un Boulasse sèche.
Le jeu solitaire
Rien n’empêche de jouer seul à la Boulasse. Excellent exercice propice à l’apaisement des tourments de l’âme, moyen de méditation, divertissement, apprentissage des mois de la gravité et de l’équilibre, toutes les raisons sont bonnes pour jouer seul si l’on a pas de partenaires disponibles. Des études réalisées à l’université de médecine de Pittsburgh – USA – ont montré, chez des sujets dépressifs, une nette amélioration de l’état mental des patients par une pratique quotidienne de la Boulasse. Comme si ce jeu, basé sur l’équilibre, produisait chez les joueurs solitaires une rééquilibration de leur mental.
Dans la Boulasse en solitaire on est évidemment le seul témoin de sa propre audace.
Pour jouer à la boulasse solitaire, on dispose à côté de soi le nombre maximum de Boulassous disponibles. On ferme les yeux et l’on avance la main vers le tas de Boulassous. Dès que la main touche un Boulassou, on ouvre les yeux et on la dispose sur le Boulasson et ainsi de suite. En solitaire on n’appuie jamais la Boulasse, on monte toujours.
Terminologie
Le Boulasson
LE BOULASSON
La Boulasse se joue impérativement sur un Boulasson, sorte de table de pierre, dont le poids et l’absence de vibration sont indispensables au bon déroulement du jeu. Le Boulasson idéal est rond de belle taille de sorte que 8 à 10 joueurs peuvent s’asseoir autour. Cependant, les Boulasson rectangulaires, plus facile à trouver, sont généralement le terrain de jeu habituel en Comminges. Ce jeu se pratique en extérieur. On admettra cependant, dans les villes dépourvues de Boulasson, la possibilité de jouer en intérieur et, à défaut de Boulasson, de jouer sur un sol pourvu que ce dernier soit massif et dur (pierre, marbre, carreaux de faïence…). On dessinera ou représentera alors de quelconque façon une surface de jeu, en fonction du nombre de joueurs qu’on nommera le Boulasson.
LES BOULASSOUS
Les Boulassous sont constitués de galets provenant exclusivement de la Garonne, galets dont la taille doit être comprise entre 3 cm et 20 cm de diagonale. La meilleure des Boulasses se joue avec des Boulassous de toutes les tailles et formes en même temps. On admettra cependant que l’éloignement de cette région autorise les joueurs à prendre des Boulassous dans d’autres fleuves ou côtes. On dit alors que la Boulasse est « dérivée » et on ne peut plus la nommer « Commingeoise ».
Les bons joueurs de Boulasse possèdent leur propres Boulassous qu’ils apportent lors d’une partie. Ils ont pour habitude de les marquer d’un signe distinctifs pour les reconnaître en fin de jeu. Pendant le jeu, par contre on joue avec tous les Boulassous présents. (voir les règles)
LE BOULASSIER
On nomme ainsi par défaut tout joueur de Boulasse, cependant, dans les parties par équipe, le Boulassier est le dernier de chaque équipe à qui cheut la délicate mission de finir le tour de Boulasse.
APPUYER LA BOULASSE
Se dit lorsqu’on dispose un nouveau Boulassou sur le Boulasson en réalisant son équilibre par appui sur un autre Boulassou.
MONTER LA BOULASSE
On nomme ainsi le fait d’ajouter en équilibre un Boulassou au dessus du dernier posé. L’ensemble forme une pile.
RELANCER LA BOULASSE
Lorsqu’une Boulasse monte et qu’il semble aux joueurs impossible de continuer à « monter », ce qui par principe n’est jamais complètement impossible, on peut «relancer la Boulasse » en « appuyant » un nouveau Boulassou, ce qui permettra ainsi de continuer le jeu sur une nouvelle pile.
LE TRAOU (prononcer Trahu) – COMBLER LE TRAOU
Lorsqu’une Boulasse a été relancée, les deux piles forment en leur milieu un traou. Remplir le Traou consiste à poser de nouveaux Boulassous entre les deux piles. Cette action est souvent méprisée des champions car elle n’obéit pas aux principe fondamental du jeu. Cependant il est des remplissages de Traous héroïques tout à fait conforme à l’esprit du jeu.
POURRIR LA BOULASSE
Ce dit lorsqu’un joueur réalise un équilibre tel qu’il semble absolument impossible de continuer. La encore il faut se référer à l’esprit de la Boulasse. Pourrir la Boulasse pour redonner du piquant à une partie molle ou parce que le joueur suivant est capable de prouesses exceptionnelles est tout à fait dans l’esprit du jeu. Par contre pourrir la Boulasse parce que le joueur suivant est maladroit ou très jeune est une pratique détestable.
TATER LA BOULASSE
Certains joueurs, pour s’aider, posent un ou deux doigts sur les Boulassous inférieurs, c’est ce qu’on appelle « Tâter la Boulasse ». Cette pratique est haïe des vrais Boulassiers, mais la deuxième règle étant « Flexibilité » on tolérera cette pratique surtout s’il le Boulassier est novice.
CEDER LE BOULASSOU
La convivialité étant le but ultime du jeu, on peut céder une de ces Boulassous à un autre joueur qui a tout posé.